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Des projets technologiques concrets pour la modernisation de notre industrie

affiché le 3 décembre 2018

Le comité Technologie du RCCAQ, sous la présidence de Jean Bilodeau, poursuit ses travaux afin de mieux définir les défis technologiques que rencontrent les courtiers et, surtout, identifier de quelle manière ceux-ci peuvent y faire face efficacement.

Dans le cadre d’une série d’articles portant sur les travaux du comité, l’un de ses membres, Mathieu Brunet, trace les grandes lignes de deux projets structurants ayant cours actuellement.

 

Des solutions concrètes pour des transactions en temps réel

Ces deux initiatives sont dirigées, l’une par l’IBAC (Insurance Brokers Association of Canada), et l’autre, par l’IBAO (Insurance Brokers Association of Ontario). Elles visent cependant le même objectif : la mise sur pied d’un cadre global permettant au secteur du courtage en assurance de dommages canadien de réaliser en temps réel la majorité des transactions entre courtiers et assureurs.

Mathieu Brunet, vice-président et associé chez MP2B Assurance et membre du conseil d’administration du RCCAQ, est le représentant du Regroupement au sein du comité technologique de l’IBAC. Il se dit très enthousiaste par rapport aux discussions et travaux qui sont en cours actuellement: « Ce qui est intéressant avec ces deux projets, c’est qu’ils sont sous le leadership des courtiers en assurance de dommages. Je vois réellement une volonté de collaboration entre les courtiers, les assureurs et les fournisseurs offrant des solutions de gestion des systèmes de courtage (Broker Management Systems – BMS). Nous avons tous intérêt à ce que l’industrie du courtage se modernise et devienne plus efficace et c’est dans cet esprit que se déroulent nos échanges. »

 

Une solution décentralisée pour l’IBAC

La solution qu’analyse actuellement l’IBAC repose sur l’établissement d’une série de principes qui permettraient une intégration technologique en temps réel des transactions entre les courtiers, les assureurs et les systèmes de gestion de courtage (BMS). Elle propose le développement de normes d’industrie pour la configuration des données et le développement de « services » ou de « fonctionnalités » standardisés que les courtiers et assureurs pourraient ensuite déployer au sein de leur entreprise respective. Les courtiers et assureurs auraient ainsi accès à une librairie de fonctionnalités dans laquelle ils pourraient aller puiser pour déployer les fonctionnalités souhaitées, de la même façon que les codes « open source » fonctionnent. Ces outils communs pourraient aussi être bonifiés au fil du temps selon la nouvelle réglementation ou les développements de l’industrie.

Dans l’approche de l’IBAC, le CSIO (Centre for Study of Insurance Operations) jouerait un rôle central de concertation des efforts et de validation de la conformité. Le CSIO, qui regroupe les assureurs de dommages, les courtiers et les fournisseurs de logiciels, se consacre à l’amélioration de l’efficacité du réseau de distribution d’assurance de dommages par courtage par le développement et l’implantation de standards et de solutions technologiques. Le CSIO verrait donc à la définition des normes, au développement des « services » ou « fonctionnalités » réutilisables et à la certification des fonctionnalités déployées par chaque assureur ou courtier avant leur mise en ligne.

 

L’IBAO analyse la faisabilité d’un système central

De son côté, l’IBAO analyse la mise sur pied d’un système central qui agirait comme interface pour traduire les données des courtiers et des assureurs en un langage commun permettant d’effectuer les transactions en temps réel. Les assureurs et courtiers n’auraient pas à implanter de nouvelles fonctionnalités, mais devraient adhérer aux services de cette centrale pour pouvoir effectuer leurs transactions. L’IBAO devrait faire le point sur ses travaux dans les prochaines semaines.

Quel que soit le projet, les travaux se poursuivent pour inclure tous les acteurs de l’industrie, tant à l’échelle canadienne que québécoise. « Ces deux approches sont très intéressantes, » a ajouté Mathieu Brunet. « Elles misent toutes deux sur les BMS existants des courtiers et proposent simplement l’ajout d’interfaces permettant aux systèmes des courtiers d’échanger avec ceux des assureurs. Les expériences qui ont été et seront réalisées dans les prochains mois permettront d’évaluer les avantages de chaque approche, lesquelles devront respecter les principes que l’IBAC s’est donnés. »

 

Des principes fondamentaux

Au départ de ses travaux, l’IBAC avait énoncé quelques principes directeurs pour encadrer ses réflexions. Les voici en résumé.

  • Toutes les transactions initiées dans un BMS doivent être finalisées dans ce même BMS.
  • Les données doivent pouvoir transiter de façon électronique et transparente, sans intervention de l’usager.
  • Toutes les transmissions de données doivent respecter les normes du CSIO.
  • Les données transitant d’un système vers un autre doivent être traitées et retournées en temps réel.
  • Les fonctionnalités automatisées ne doivent pas nécessiter la connexion, ou l’utilisation par le courtier, du portail d’un assureur.
  • La « traduction » des données doit être prise en charge par l’assureur et non le courtier.

 

Prochaines étapes

Les comités de travail de l’IBAC et de l’IBAO se réunissent sur une base régulière afin de suivre l’évolution de leurs projets. Le comité Technologie du RCCAQ s’attend à ce que des développements importants se produisent au cours des prochains mois. Nous vous tiendrons informés des avancées.